séjour français VI
dimanche, 15 juillet 2007
jour 8
13 heures, avenue du Maine, toujours dans le quatorzième, nous avons rendez-vous chez J.M. qui nous attend pour prendre l’apéro et ensuite sortir déjeuner quelque part dans le quartier. F. avait dit qu’on arriverait avec une bouteille de champagne, mais nous arrivons les mains vides. J.M. qui en bon Français avait bien préparé la table pour l’apéritif, décide alors d’aller chercher une bouteille chez son arabe, comme il dit. Moi, j’ai honte du tropicalisme de F., et je m’en veux ; je me dis que j’aurais dû insister pour acheter cette bouteille, mais maintenant c’est trop tard. J.M. remonte avec du champagne frais et ouvre la bouteille.
La conversation démarre bien entendu sur l’état de santé du compagnon de la mère de F. J.M. est médecin et la mère a demandé à F., le jour de notre arrivée, de l’appeler pour lui demander conseil sur un centre de traitement de la douleur. J.M. lui a expliqué qu’il existe des centres de soins palliatifs où l’on peut traiter la douleur et aussi accompagner le malade s’il décide de tout arrêter. Puis, on parle de ma mère qui a eu un cancer de colon il y a presque deux ans. Elle va bien ; après la chimio et la radio, elle est suivie tous les trois mois et jusqu’à maintenant, rien d’inquiétant. Ensuite, on parle des parents de J.M. et de sa tante qui sont de gens un peu âgés. Malgré leurs maladies dues à l’âge, les parents vont bien. La tante, après une chute, n’est plus autonome. C’est donc J.M. qui est le seul neveu à ne pas avoir d’enfants, de famille donc, qui s’occupe d’elle qui n’a jamais eu d’enfants. On se dit que les gens de la génération de nos parents commencent à devenir vieux, et nous avec.
Après, nous parlons d’O., le compagnon de J.M. qui se trouve chez lui, en Colombie, depuis un an et demi. Il n’a pas pu ou n’a pas voulu pour l’instant rentrer en France. Cela inquiète un peu J.M. car il a peur qu’O perte son droit au séjour en France. Eux, nous les avons connus quelques mois après notre arrivée en France en septembre 98. Cela faisait environ cinq ans qu’ils vivaient ensemble. A l’époque, O. qui avait fait des études de médecine en Colombie, était obligé de suivre des études pour pouvoir rester en France, tout comme moi. C’était la seule façon. Puis, il y a eu le PACS. Nous l’avons signé en décembre 99 et nous avons été le premier couple à le signer dans le quinzième arrondissement, là où nous habitions alors. Nous l’avons fait seuls, sans personne pour nous accompagner, à l’heure de la pause déjeuner de F. Je me souviens que le greffier était bien plus nerveux que nous, les jeunes pacsés. Après la signature, F. est parti au boulot, et moi à la fac.
Eux, ils se sont décidés quelques jours plus tard ; grâce à nos encouragements, si je ne me trompe pas. Ils ne voulaient pas être seuls, ils voulaient aussi avoir une sorte de parrain ; ils m’ont donc invité. C’était un midi aussi et on s’est retrouvés, tous les trois, au tribunal du quatorzième. J’ai pris quelques photos au moment de la signature, puis à la sortie ; et ensuite nous sommes partis dans un restaurant de l’Avenue du Maine prendre une flûte de champagne et déjeuner ensemble. Pour moi, être avec eux ce jour-là, a été le plus beau cadeau qu’ils ne m’aient jamais fait, et je les remercie encore de ce beau geste.
Après avoir fini le champagne, nous quittons l’appartement, prenons la rue de la Gaîté et arrivons au Boulevard Edgar Quinet. Nous laissons J.M. décider du restaurant, c’est lui le maître des lieux, il connaît son quartier. Puisqu’il fait beau et que l’été semble s’être installé ces jours-ci, nous nous mettons en terrasse, devant la bouche de métro. C’est une brasserie bien française, car ils veulent, tous les deux, manger français, et quoi de plus français qu’un steak tartare ? En Amérique centrale, on ne connaît pas ce plat et F. n’oserait jamais le préparer car il ne fait pas confiance à la viande de là-bas, alors ils commandent cela, tous les deux. Moi, qui ai horreur de la viande crue, j’opte pour un steak sauce roquefort, un plat bien français aussi.
Nous quittons J.M. à 16 heures. Nous devons faire nos valises et nous rendre Gare du nord pour prendre notre train pour Bruxelles. Nous nous disons au revoir en promettant de nous revoir lors de notre prochain passage à Paris, juste avant notre départ. Nous regagnons le studio sans cuisine du père, nous faisons nos valises, prenons le temps de prendre un thé et partons vers la Gare. Nous y arrivons un peu avant 19 heures. Ca va. Notre train est à 19 h 20, on a le temps. Quinze minutes après, la voix métallique des hauts parleurs nous annonce que notre train sera en retard. Une heure plus tard, nous sommes enfin dans le train, prêts à partir vers la capitale belge. Notre agréable week-end parisien se termine. Je ne regrette qu’une chose : ne pas avoir vu deux amis que j’apprécie, monsieur Kolokani et monsieur le Marquis. On aurait dû se voir samedi, mais ce ne fut pas possible. Je me dis qu’on aura peut-être d’autres occasions. En tous cas, je tâcherai de les appeler. Le train part. Il fait chaud, il fait beau, et malgré ce retard, tout se passe bien pendant ce séjour français qui bientôt deviendra un séjour belge.