28/07/2007

28/07/07 - 19:32

séjour français V


vendredi, 13 juillet 2007

jour 6

Enfin l’été, enfin Paris, rue d’Alésia, quatorzième, après-midi chaud, le soleil qui brille et me caresse, et moi qui marche, cours, m’envole. Il suffit de rien pour se sentir libre ; pour la première fois depuis longtemps, je ressens ce plaisir de redevenir anonyme, invisible. Je savoure le bonheur que me procure cette légèreté soudaine. Je suis enfin revenu, je me dis, même si je sais que ce sera éphémère. Elle chante, Ilona, sur mon lecteur mp3 et moi, je me laisse emporter par ses paroles : « He venido a dar la vida entera, a vivir sin ninguna reserva. » Pendant ce bref instant d’euphorie, je m’approprie ces mots et les fais miens. Moi aussi, je suis de retour et, le temps de cette chanson, j’ai la certitude que je suis venu donner ma vie entière, et qu’ici, dans ce pays, dans cette ville, je peux moi aussi vivre sans aucune retenue.

La chanson rythme mes pas et ma marche devient une danse que je suis le seul à apercevoir. Je ne pense à rien ; impossible de penser lorsque notre esprit a été attrapé de la sorte par le présent. Tout a cessé d’exister : hier et demain, il y a une heure et dans quelques minutes. Rien ne compte plus, si ce n’est ce petit vent qui frappe mon visage et la voix de cette jeune fille qui chante rien que pour moi. Alors, j’oublie. Je ne sais plus d’où je viens et où je vais. Tout ce que je sais c’est que je suis ici, à Paris, rue d’Alésia, dans le quatorzième, qu’il fait beau, qu’il fait chaud et que, le temps d’une chanson, je me sens bizarrement et brièvement heureux.

Lorsque j’arrive à la bouche de métro, je me vois obligé de sortir de cette bulle de présent absolu dans laquelle je me trouve. Tout revient alors : le départ de Bennerville hier après-midi, le passage par la maison du père pour récupérer les clés de l’appart à Paris, l’arrivée tard le soir dans cet appartement où la cuisine n’a pas encore été installée, le rendez-vous à la banque ce matin, le cyber où nous avons pu regarder nos messages, les épreuves que F. passe en ce moment quelque part dans le douzième, l’appel passé à Domarkito, notre rendez-vous à 16 heures 30 à la Place des Innocents après mon passage une fois de plus par le cyber, le dîner ce soir avec les filles.

Domarkito, je le retrouverai dans quelques minutes, lorsque je serai sorti du cyber. Je l’attendrai sur la place, assis sur un trottoir en train de mater les mecs qui passeront, je m’enivrerai de ces corps jeunes ou moins jeunes, bien foutus pour certains, minces pour d’autres, tous beaux à mes yeux, tous inatteignables. Domarkito arrivera, peut-être avec quelques minutes de retard, mais cela n’aura pas d’importance ; cela fait tellement de temps que nous ne nous sommes pas revus que dix ou quinze minutes d’attente ne changeront rien au plaisir des retrouvailles. Je sais que nous ferons comme si nous nous étions quittés la veille, que la conversation, toujours la même, celle de nos vies, reprendra là où nous l’avons laissée la dernière fois. Nous n’aurons pas grand-chose à nous raconter car, malgré la distance et les silences, nous n’avons jamais cessé de nous tenir plus ou moins au courant de l’évolution de nos vies. Nous serons donc pendant ces courtes heures de rencontre les amis que nous n’avons jamais cessé d’être. J’oserai même lui parler d’un sujet qui l’avait fâché un jour, et il comprendra alors, je me dis, je l’espère. Et ce sera beau.

Je ne sais pas combien des fois j’ai pris cette ligne. Je n’ai jamais fait l’exercice, mais je suis sûr de pouvoir réciter par cœur le nom des stations, depuis Gare du nord jusqu’à Denfert-Rochereau. Ça me fait marrer de penser que ce parcours ait pu devenir une sorte de chez moi. St-Germain-des-Prés est peut-être la station la plus belle, mais moi, j’aime beaucoup plus ce côté sombre et un peu vieillot d’Odéon, de même que j’aime regarder les usagers, en particulier les garçons bien entendu, qui montent et descendent à Château d’Eau. Finalement, je me dis que chaque station a son charme, comme Châtelet où je suis descendu je ne sais plus combien de fois et où je descends maintenant pour sortir, comme toujours, Place Ste-Opportune.

Dans le cyber, je réponds quelques messages. J’écris à G. qui m’a finalement répondu. Il me dit qu’il a été très occupé, qu’il a eu des soucis à la fac et chez lui, mais que les choses avancent, qu’il a parlé avec V., le chorégraphe, qui lui a dit qu’il craignait qu’ « el enano » ne soit pas à la hauteur, il me dit aussi qu’il écrira le texte que je lui ai proposé d’écrire dans mon message précédent. Cela fait partie de l’écriture du scénario pour notre film : nous lançons des idées et chacun doit écrire un texte ; après, nous lirons, commenterons, discuterons et réécrirons ensemble, peut-être. J’en finis avec mes e-mails et ensuite je réponds aux messages sur GA, puis, je me déconnecte, sors et me dirige vers la Place des Innocents qui est juste à côté.

Domarkito m’appelle pour me dire qu’il sera effectivement en retard de quelques minutes. J’ai envie d’être chez moi, de me sentir Caribéen, j’allume donc mon lecteur mp3 et je mets le dernier CD de Cabas. Je suis assis, mais à l’intérieur de moi, je danse ; je me laisse emporter encore une fois par la musique. Je suis ailleurs, comme d’habitude depuis notre arrivée, et regarder les mecs qui passent, les noirs, les arabes, c’est quelque chose qui me fait encore m’envoler plus loin, dans un autre continent, celui où j’ai passé quelques années de ma vie et qui est le berceau de cette musique qui m’entraîne et me fait rêver, car moi, même si je suis né là haut, dans les Andes, j’ai le cœur caribéen.

Le portable vibre dans la poche de mon pantalon. J’enlève les écouteurs et réponds. Ce sont les filles qui cherchent F. ; elles ne l’ont pas encore retrouvé là-bas où ils s’étaient donnés rendez-vous à la sorti des épreuves. Je leur explique que je suis seul et qu’il doit être dans le coin, qu’il va falloir l’attendre. Nous dînerons, F. et moi, avec elles, ce soir. Cela fait des mois qu’on ne s’est pas vus. N. nous l’avons connu en Tanzanie où elle était alors collègue de F. Nous l’avons revue plusieurs fois depuis notre départ de Tanzanie ; en France, et aussi là-bas, dans notre nouveau chez nous, où elle était venue en tant que consultante quand ils étaient installés, elle, son mari et leur fils, au Liban. C’est à ce moment, lors de cette mission, que la guerre a éclaté. Elle était chez nous et son mari était parti avec leur fils passer les vacances en France. Pendant des semaines, ils sont restés bloqués en France. A leur retour ils ont décidé de partir, et c’est ainsi qu’elle a trouvé un autre boulot en Namibie, où ils sont installés maintenant.

S. était aussi collègue de F., mais à Bamako, où nous nous sommes rencontrés. Elle y est arrivée lors que mon premier séjour au Mali et elle est vite devenue notre amie, notre sœur, notre fée. Ces quelques moments partagés, là-bas, à Bamako, resteront à jamais gravés dans mon cœur, ainsi que ses encouragements, sa complicité lors de nos folles soirées bamakoises. Quelque mois après le départ de F., elle a trouvé un autre boulot en Tanzanie, où elle occupe le poste que N. avait laissé car son contrat arrivait à sa fin. Après tous ces allers et retours, je me dis qu’un jour nous finirons bien par nous retrouver quelque part sur cette petite planète. Chaque fois que nous sommes en France, elle ou nous, nous nous arrangeons pour nous voir, même si ce n’est qu’un bref instant pour continuer à partager nos vies, à nous raconter nos histoires ; pour continuer à vivre ensemble ce que nous partageons et qui est énorme.

Nous dînerons donc ce soir, on se retrouvera quelque part sur le quai de Valmy, histoire pour nous, F. et moi, de ne pas oublier notre quartier, puis on choisira, le petit resto colombien, qui sait ?, où nous sommes déjà allé avec S, on mangera un plat typique de mon pays, peut-être, puis on commandera une bouteille de rouge chilien, ça c’est sûr, puis, on discutera de tout et de rien, du Mali, de la Tanzanie, de la Colombie, de la Namibie, de l’Amérique centrale, des épreuves, du boulot, de leur boulot à eux, du mien, de mon projet, de nos vies respectives dans ces pays où le hasard ou le destin nous ont amenés, puis je me saoulerai à cause de mes excès et de la fatigue due au décalage horaire dont je ne me suis pas encore remis, je devrai peut-être les quitter, rentrer seul dans cet appartement sans cuisine.

Le téléphone vibre à nouveau ; cette fois-ci, c’est Domarkito, il est déjà arrivé, mais il ne me voit pas, je lui explique où je me trouve, il me dit qu’il est près de la fontaine, je me retourne et je le vois là, venir vers moi, tel que je l’avais laissé il y a quelque mois, la même allure, la même figure. Il n’a pas changé, moi non plus, j’espère. On sourit tous les deux, on se serre dans nos bras, on s’embrasse, on continue à sourire, on est content de se revoir, de pouvoir partager ces quelques heures qui vont suivre. On commence à bavarder comme si on s’était quitté la veille. Je me dis qu’avec les amis, le temps ne passe pas, et j’en suis heureux.


samedi, 14 juillet 2007

jour 7

A 19h 30, nous avons rendez-vous à Château Rouge avec S., qui nous a parlé d’un concert de musique africaine dans le quartier, et M.I., une amie colombienne qui habite Toulouse, mais qui se trouve à Paris pour faire le montage d’un documentaire sur l’exil de sa famille qu’elle a tourné entre la Colombie, les Etats-Unis et l’Espagne.

Lorsque nous nous dirigeons vers Alésia, S. nous appelle pour nous demander si nous sommes déjà sur place. Je lui dis que nous sommes rue d’Alésia et que nous arrivons au métro, elle me répond qu’elle vient de sortir du cinéma et qu’elle va prendre le métro là, à Alésia. Quand nous la rejoignons, nous rigolons, c’est comme si nous nous étions donné rendez-vous, puis nous partons ensemble.

F. et moi, nous avons passé la journée dans le studio du père, lui à préparer sur l’ordinateur portable un document pour le séminaire qui aura lieu à Bruxelles lundi et mardi prochains, et moi à écrire á la main ces quelques lignes. Bien que les commentaires laissés sur mon blog m’aient profondément touché et encouragé à continuer ce carnet, je n’arrête pas de me demander quel est le sens de ce journal où j’écris mes impressions sur ce voyage. Cet après-midi je me disais que je n’écrivais que des conneries, des idioties, et je n’arrivais pas à aligner deux mots. Et pourtant, j’ai continué, comme si le besoin d’écrire était plus fort que la peur du ridicule, de raconter n’importe quoi.

A la sortie du métro, nous retrouvons M.I. et partons à la recherche de l’Olympic, le bar qui organise ces soirées africaines. En parcourant ces rues, nous ne pouvons pas nous empêcher de nous sentir en quelque sorte en Afrique. C’est un marché qui se termine ; les boutiques, les salons de coiffure, les magasins commencent à fermer leurs portes et une foule d’Africains rempli les lieux. On revient quelques années en arrière, comme si le passé voulait s’acharner sur nous. Nous sommes perdus et devons demander à un passant où se trouve le bar ; nous sommes tout près ; une rue plus loin, et nous y sommes.

Lorsque nous arrivons et que S. et moi nous regardons le programme des concerts, un jeune blanc aux cheveux longs s’approche de nous et nous dit que le groupe de ce soir, qui s’appelle Toubabou All Stars, est très bon. Nous allons vers le comptoir, où le barman, un beau noir grand et musclé, nous souhaite la bienvenue. F. n’arrête pas de le mater, et de baver, je suppose ; il a toujours eu bon goût, je dois reconnaître. En attendant que le concert commence, nous commandons un pichet de rouge et allons nous asseoir à une table.

F. et S. discutent en français, tandis que M.I. et moi parlons tout naturellement en espagnol. Elle me parle de son documentaire qu’elle a commencé à travailler depuis presque deux ans, elle me raconte un peu comment le tournage s’est passé et comment le montage avance. Moi, de mon côté, je lui raconte mon nouveau projet, je lui parle des jeunes gens que nous avons rencontrés là-bas et avec qui je vais travailler. Je lui parle de mes embrouilles, de mes doutes, des questions que je me pose. Puis, nous devons nous arrêter car le concert vient de commencer.

La plupart des gens qui sont ici sont des blancs, même les musiciens ; mais il y a quand même une ambiance africaine crée par cette musique qui nous rappelle ces folles soirées bamakoises. Les toubabous, dont le jeune qui nous a dit que le groupe était bon, jouent du coupé décalé, cette musique ivoirienne qui cartonnait non seulement à Bamako, mais aussi ici en France à l’époque où F. travaillait au Mali. Puis, ils passent au reggae, et nous sommes toujours on Afrique car cela fait très longtemps que cette musique afro caribéenne fait partie du patrimoine culturel africain. Ensuite, ils nous arrachent brusquement de l’Afrique pour nous amener de l’autre côté de l’Atlantique, lorsqu’ils se mettent à jouer du ska, une musique que nous n’avons jamais entendu ni en Tanzanie ni au Mali, mais qui dans les Caraïbes et en Amérique du sud a connu un succès phénoménal dans les années 90. Nous profitons de la fin de la première partie du concert pour partir ; nous ne nous sentons plus dans l’ambiance et nous avons faim.

M.I. nous quitte car son mari arrive ce soir de Toulouse pour passer quelques jours avec elle à Paname. S., F. et moi nous nous promenons dans le quartier en quête d’une brasserie ou d’un resto. Nous arrivons à Montmartre et passons devant des terrasses bondées, la plupart de touristes, si on se fie aux apparences. S. se souvient d’un restaurant afghan où elle est allée dîner avec sa sœur. Nous partons à sa recherche et le trouvons quelques minutes après. C’est complet, mais si nous attendons un peu, nous aurons une table. Vingt minutes plus tard, un groupe de Français montent de la salle du sous-sol et on nous fait descendre.

En bas, il n’y a que deux grandes tables basses avec de gros coussins autour. L’une est déjà occupée, l’autre nous attend. Nous nous asseyons et regardons la carte. Le décor et les ingrédients des plats nous font penser à Zanzibar ; mais ce n’est qu’une impression, tout y est résolument différent. Nous commandons : une entrée pour trois puis chacun son plat, un pichet de rosé pour commencer et un autre de rouge pour la suite.

La conversation reprend, et cette fois-ci on quitte le passé pour se consacrer à l’avenir. S. voudrait aller à Washington car sa petite amie tanzanienne partira peut-être étudier là-bas. F., quant à lui, raconte que nous avons finalement décidé de rester en Amérique centrale, si cela est possible. On s’est attaché à ce petit pays qui nous accueille, à ses gens, à ceux que nous avons rencontrés dernièrement, et après tout le mal que nous avons eu pour nous y installer, pour organiser notre maison et notre vie, nous ne nous sentons pas prêts à recommencer bientôt un nouveau déménagement. Il profitera du séminaire à Bruxelles pour en parler et demander la prolongation de son contrat. Mais rien n’est sûr. Si on ne peut pas rester, il demandera qu’on l’envoie à Dakar pour ainsi réaliser son rêve de retourner en Afrique. Si ce n’est pas faisable, il ne restera que la possibilité presque sure d’un poste à Bangkok ; mais aucun de nous deux n’est vraiment tenté par l’expérience asiatique.

Après nous être régalé tous les trois avec notre repas afghan, nous descendons vers le boulevard où S. prendra un taxi et nous chercherons une station de métro. Il est déjà minuit passée, lorsque nous nous embrassons pour nous dire au revoir ; nous nous reverrons peut-être l’année prochaine en Corse, où nous louerons une maison avec un autre ami français qui habite en Tanzanie. Je ne veux pas seulement faire deux bisous à S., je veux aussi la serrer fort dans mes bras, comme on fait chez nous, lorsque l’on quitte quelqu’un qu’on aime bien. C’est ma façon de lui transmettre l’affection que j’ai pour elle, de la remercier pour ces deux soirées passées ensemble. Cela la surprend et elle ne réagit pas, on dirait que cela la gêne. « Allez, amiga S. ! », je lui dis, « après toutes ces années en Afrique, tu me fais ça ? » Elle sourit et finit par me serrer elle aussi dans ses bras.

Au moment où je me tourne, je vois le visage d’un type qui me regarde et me sourit, c’est quelqu’un que je connais, mais que je n’arrive pas à situer. Lorsqu’il me parle en espagnol, avec l’accent de Cali, je le reconnais. C’est L., et derrière lui, son petit copain français, X. Cela fait deux ans qu’on s’est vus, eux et moi, pour la dernière fois, un autre été, à Paris. Avec F., nous leur avions rendu visite chez eux à Cali, il y a plus de trois ans, lors d’un de ces rares voyages que nous avons fait ensemble en Colombie. Et maintenant, le hasard ou le destin, qui sait, nous fait nous rencontrer sur un trottoir parisien. En tous cas, nous avons tous la sensation de nous être donnés rendez-vous. Nous attendons que S. prenne son taxi et partons avec eux, car une rencontre de la sorte, il faut bien l’arroser.

X. et F. se sont connus lors de l’arrivée de F. en Colombie, au début de sa mission de coopérant en lieu et place du service militaire, à un moment où aucun des deux n’assumait pas leur homosexualité. F. avait été hébergé pendant un mois chez X., qui était aussi coopérant depuis un an. Quant à moi, je les ai connus tous les deux, X. et L., quelques années plus tard. X. avait quitté le pays après sa coopération et était rentré en France, mais un an après il avait décidé de retourner s’installer avec L. à Cali, où ils vivent depuis près de dix ans. Ils sont donc un vieux couple, tout comme nous, et comme nous, eux aussi, ils sont pacsés depuis longtemps.

Ils nous expliquent qu’ils viennent de voir les feux d’artifice du 14 juillet sur les Champs de Mars. Nous, on avait complètement oublié cette date ; on avait d’autres choses bien plus importantes à faire que de regarder ces feux. Nous remontons la rue pour chercher un bar ; au bout de quelques minutes, nous arrivons en bas de l’immeuble où se trouve l’appartement qu’une copine leur a prêté pour leur séjour parisien. A l’angle, un bar tenu par des algériens est toujours ouvert. Nous nous installons en terrasse. Un jeune kabyle blanc, presque blond, avec un accent très marqué, vient prendre commande.

Nous y resterons des heures jusqu’à la fermeture. Nous nous souviendrons de plein de choses, parlerons aussi d’avenir, de nos projets et de nos plans, des leurs et des nôtres ; nous materons les mecs qui passeront, et parlerons, comme des filles, des hommes, tout en rigolant et en nous moquant de nous-mêmes. On parlera aussi, en espagnol pour qu’il ne comprenne pas, du jeune kabyle qui draguera X., même s’il nous parlera à son tour de sa copine alsacienne. Jamais on n’aurait osé imaginer qu’on finirait la soirée de cette façon. On se dit que, parfois, le hasard sait très bien faire les choses ; et nous rions, tous les quatre, comme les adolescents que peut-être nous n’avons pas cessé d’être.

commentaires

29/07/07 - 15:19

El tiempo nunca lograra separanos...

Te quiero mogollon !

28/08/07 - 05:52

Rah...ça donne envie de retrouver Paris, toutes ses ambiances et ces gens de tous horizons...

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