16/07/2007

16/07/07 - 10:02

séjour français II




lundi, 9 juillet 2007

jour 2

On est tous à table, sauf lui, le compagnon de la mère ; il ne peut pas être assis à cause de la douleur insoutenable, il reste donc allongé sur le lit de son bureau où il passe ses jours et ses nuits désormais. Toute la famille maternelle est là pour fêter l’anniversaire de la mère : le grand père, la grand mère, l’oncle, les frères avec leurs femmes et leurs enfants. Il ne manque que la sœur qui avait rendez-vous à Paris ce matin.

Moi, qui n’ai jamais trop mangé pendant ce genre de repas, je dévore tout : la terrine de foie gras, le gigot d’agneau, la salade et quelques fromages pas trop forts, le gâteau aux fraises qui a été fait par le grand père ; et je bois aussi : du champagne, du monbazillac, du rouge, et le petit verre bien normand de calva. Je mange, je bois, je me sens en famille, et pourtant, je ne suis pas tout à fait à l’aise. Je suis et je resterai un étranger, quelqu’un venu d’ailleurs. C’est peut-être que, comme hier, je suis toujours ailleurs, au chaud, sous le soleil des tropiques. Là, en ce moment, je n’ai qu’une envie : partir, et que nous puissions enfin être seuls, nous deux.

En fin d’après-midi, le déjeuner fini, nous nous rendons à Bennerville, à l’appartement de la mère, qu’elle n’occupe plus depuis des mois, voire des années, depuis qu’elle a décidé de déménager chez son compagnon. Nous y resterons jusqu’au jeudi. Nous prenons la route vers la côte. Au fur et à mesure que nous avançons, la pluie commence à s’arrêter et le ciel à s’éclaircir. Il ne fait pas chaud, mais ces rayons de soleil qui apparaissent sont comme une promesse de cet été qui n’est pas au rendez-vous.

Je suis très fatigué ; j’ai peut-être trop mangé et bu, mais c’est aussi à cause du décalage horaire duquel je ne me suis pas encore remis. Cette nuit n’en a pas été une. Nous nous sommes couchés vers 23 heures (15 heures là-bas). Nous avons donc fait plutôt une longue sieste, nous réveillant à peu près toutes les heures, le sommeil très léger. Les virages, les ralentissements, les arrêts me bercent et je m’endors. Je me réveille lorsque nous arrivons à Touques où nous nous arrêtons pour acheter un adaptateur pour le chargeur de mon appareil photo chez Mr. Bricolage.

Nous traversons Deauville, et une fois de plus, F. me montre son lycée, là où il a passé son baccalauréat. Depuis que nous nous sommes connus, il m’a toujours parlé de cette ville, de ce lycée. Il y a onze ans, quand nous commencions à sortir ensemble, il m’avait prêté la cassette d’ « Un homme et une femme » pour que je connaisse la ville de son adolescence. C’était une façon de me laisser entrer dans sa vie, de me montrer en quelque sorte qui il était, d’où il venait. Et c’était beau et touchant. Je m’en souviens encore et je souris.

A la sortie d’un rond-point, nous sommes arrêtés par deux policiers. Ma paranoïa fait que je me demande si ce n’est pas à cause de ma peau basanée, de ma gueule d’arabe. Lorsque nous sortons de la voiture, je vois la fille qui a été arrêtée avant nous : c’est une blonde très blanche, très normande, en fait, aux joues rouges. F. montre son permis de conduire et moi je passe au policier les papiers de la voiture que j’ai sortis de la boîte à gants. Lorsqu’il me rend les papiers, il me regarde droit dans les yeux et avec un sourire me dit : « Merci, monsieur. Au revoir ! »

Une fois dans l’appartement, nos lourdes valises posées, je sors sur le balcon fumer une clope. Je regarde la petite colline qui s’élève en face de moi, les arbres sur le sommet et la maison normande qui s’érige à droite, sur la pente. Cette lumière jaune de fin d’après-midi que j’aime autant, et qui me rappelle ces couchers de soleil jaunes, oranges, violets et rouges de ma ville, illumine le paysage tout entier. Un soupir m’échappe. Des souvenirs d’un autre temps, peut-être.

Je regarde à l’intérieur de l’appartement, je le vois lui, aller et venir ; il bouge, il marche, il a les mêmes gestes qu’il y a onze ans. Je tressaille, lorsqu’en le regardant, cette sensation de tendresse et de désir mélangés m’envahit ; la même que je ressentais chaque fois que je le voyais, que je le croisais, il y a onze ans, quand nous commencions à peine à nous connaître, et qu’il me plaisait tant, quand nous ignorions de quoi notre avenir serait fait. A travers la vitre, je lui souris, je lui fais un baiser et d’un regard je lui dis : « attends, j’arrive ».

commentaires

16/07/07 - 12:06

Très jolie "tr

16/07/07 - 12:07

oupss
Je voulais dire très jolie tranche de vie. Merci

16/07/07 - 12:20

Sigue eescribiendo sobre tu estancia en Francia !

17/07/07 - 14:53

Si!

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