Mon grand et cher ami n’aime pas sa voix, mais je sais qu’il aime cette chanson et qu’il aime, comme moi, ce dont cette chanson parle. On sait tous les deux, j’en suis certain, que la planète hispanophone n’est qu’une avec ces navires qui vont et qui viennent, d’un côté et de l’autre du grand océan, remplis d’images, de mots, de sons, de mélodies, de vers … Et c’est chanson, pour moi, en est la preuve …
Por le bulevar de los sueños rotos - Joaquín Sabina
Por le bulevar de los sueños rotos
En el bulevar de los sueños rotos
vive una dama de poncho rojo,
pelo de plata y carne morena.
Mestiza ardiente de lengua libre,
gata valiente de piel de tigre
con voz de rayo de luna llena.
Por el bulevar de los sueños rotos
pasan de largo los terremotos
y hay un tequila por cada duda.
Cuando Agustín se sienta al piano
Diego Rivera, lápiz en mano,
dibuja a Frida Kahlo desnuda.
Se escapó de cárcel de amor,
de un delirio de alcohol,
de mil noches en vela.
Se dejó el corazón en Madrid
¡quien supiera reír
como llora Chavela!
Por el bulevar de los sueños rotos
desconsolados van los devotos
de San Antonio pidiendo besos
Ponme la mano aquí Macorina
rezan tus fieles por las cantinas,
Paloma Negra de los excesos.
Por el bulevar de los sueños rotos
moja una lágrima antiguas fotos
y una canción se burla del miedo.
Las amarguras no son amargas
cuando las canta Chavela Vargas
y las escribe un tal José Alfredo.
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Par le boulevard des rêves brisés
Dans le boulevard des rêves brisés
habite une dame au poncho rouge,
aux cheveux argentés et à la chair brune.
Métisse ardente à la langue libre,
chatte courageuse à la peau de tigre,
avec une voix de rayon de pleine lune.
Par le boulevard des rêves brisés,
les tremblements de terre passent sans s’arrêter,
et il y a une tequila pour chaque doute.
Lorsque Agustin (1) s’assoie au piano,
Diego Rivera, crayon à la main,
dessine Frida Kalo toute nue.
Elle s’est échappée d’une geôle d’amour,
d’un délire d'alcool,
de mille nuits blanches.
Ella a laissé son coeur à Madrid.
Qui pouvait rire
comme elle pleure, cette Chavela !
Dans le boulevard des rêves brisés,
inconsolables marchent les dévots
de Saint-Antoine en demandant des baisers.
Pose ta main ici, Macorina (2),
tes fidèles prient dans les tavernes,
Colombe Noire (3) des excès.
Dans le boulevard des rêves brisés,
une larme mouille des photos anciennes
et une chanson se moque de la peur.
Les amertumes ne sont pas amères
lorsque c’est Chavela Vargas qui les chante
et c’est un José Alfredo (4) qui les écrit.
1 Agustín Lara, auteur-compositeur, entre autres, de Piensa en mí, interpretée par Luz Casal dans Tacones Lejanos, de Pedro Almodóvar.
2 Macorina est une des chansons les plus populaires de Chavela Vargas. Sur un poème d’Alfonso Camín, elle en a composé la mélodie. Ce poème est dédié à une femme. Dans les années 60, au Mexique, lorsque Chavela l’ interprétait, elle posait toujours sa main sur son entrejambe, tout en regardant l’une des femmes du public.
3 Paloma Negra (Colombe Noire) est une chanson du mexicain Tomás Méndez, interprétée à l'époque par Chavela Vargas.
4 José Alfredo Jiménez, le plus célèbre auteur compositeur (et interprète, aussi) de rancheras mexicaines, dont un bon nombre fait partie du répertoire de Chavela Vargas.
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Encore une fois, merci au cher Marquis pour son aide. ;-)
Ce matin (hier matin pour vous, là-bas) a débuté le IVe Congrès international de la langue espagnole à Cartaghène, en Colombie. Lors de l’ouverture, on a rendu hommage à Gabo (Gabriel García Márquez) qui célèbre cette année trois anniversaires : ses 80 ans, le 40ème anniversaire de la première édition de son roman le plus connu, Cents ans de solitude, et le 25ème anniversaire de la réception du prix Nobel de littérature.
Je trouve tout cela très sympa, très beau, très chic, si vous voulez. Mais ce qui a retenu mon attention dans cette célébration, c’est le fait que la Real Academia Española, en partenariat avec les académies américaines (eh oui, l’Amérique est un continent non pas un pays, voyons !), et celle des Philippines (eh oui, là-bas on parle aussi espagnol, même si l’anglais a pris le dessus et si le tagalog reste la langue officielle du pays), a décidé de publier une nouvelle et très belle édition du roman. qui comporte, à part l’arbre généalogique de la famille Buendía, trois textes écrits par les écrivains Mario Vargas Llosa et Carlos Fuentes et l’académicien espagnol Víctor García de la Concha.
Alors, lorsque j’ai appris la nouvelle et que j’ai vu cette belle couverture, je me suis dit : je LE veux, ce livre !!! Cela fait tellement longtemps que j’ai lu pour la première fois ce roman, j’ai de si beaux souvenirs, que, même si j’ai une veille édition bon marché dans ma bibliothèque, je veux le relire…
Y aura-t-il donc une âme charitable qui voudra bien me l’offrir, cette nouvelle édition ????
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Merci au cher Marquis pour son aide, même s'il ne veut pas me l'offrir, ce livre ! ;-)
Il nous racontait sa vie, ce jeune homme, assis à côté de nous ; il nous parlait de son départ, du jour où il avait dû quitter la maison maternelle, non pas paternelle, car père il n’y en a pas ; il est parti il y a bien longtemps – comme beaucoup d’hommes dans ce pays. Elle, sa mère, l’avait surpris en train d’embrasser son petit copain. Elle a été choquée par son comportement, par ce spectacle affreux qu’ici est toujours un délit. Mais ce n’est pas elle qui lui a demandé de partir. Il l’a décidé par lui-même. Il a pris cette décision car, nous-a-t-il avoué, il ne voulait pas être un mauvais exemple pour ses petits frères et sœurs…
Dans la série : je découvre des classiques (français)
A une passante
La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;
Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.
Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?
Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !
Il est rentré vendredi dernier de Santiago, plein de livres et de revues dans sa valise. Parmi les livres, un petit bijou que je ne connaissais pas, même si pendant ma jeunesse j'avais lu pas mal de livres de Neruda.
Il était étonné que je ne le connaisse pas ; c'est pourtant l'un de ses livres les plus connus de Neruda. J'ai dû alors reconnaître que j'avais une grosse lacune dans mon éducation poétique.
J'étais ravi d'avoir eu cette lacune. Je revenais vers Neruda, l'un des poètes qui m'a le plus marqué pendant ma jeunesse, je lisais ces poèmes pour la toute première fois. Je le redécouvrais.
Je voudrais partager ce petit bonheur ici, avec ces vieux amis, qui malgré mon départ me sont restés fidèles.